Episode

Épisode 58 : Robin Vanet – Systèmes de Combat.

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Je suis très heureuse d’accueillir Robin Vanet pour discuter de son mémoire de M2 Sécurité internationale et défense « les systèmes de combat français – Et l’avenir de l’Homme dans la filière opération des navires de surface » réalisé sous la direction de Monsieur Jean- Marie Kowalski à l’Université Jean Moulin Lyon 3.


Résumé

Le travail de Robin Vanet s’intéresse aux systèmes de combat des navires de surface français et à la place de l’humain dans leur mise en œuvre. Issu d’une préparation militaire, son parcours l’a conduit à se pencher sur ces dispositifs au cœur des opérations navales.

Un système de combat désigne avant tout un système d’information. Il s’agit d’un ensemble composé de capacités de calcul, d’interfaces, de senseurs comme les radars, de moyens de communication et d’effecteurs tels que les armes. Installé dans le central opération, situé sous la passerelle, il constitue la « tête pensante » du navire. Son rôle est de comprendre l’environnement tactique, de construire une représentation de la situation et d’assister la prise de décision afin de permettre au navire de remplir ses missions. Il fonctionne en permanence et repose sur une interaction constante avec les opérateurs humains.

La question centrale porte sur la place de l’humain face à ces systèmes et sur la possibilité qu’ils puissent un jour remplacer les opérateurs. Cette interrogation apparaît dans un contexte où les systèmes de combat ont connu une évolution technologique majeure depuis leur apparition.

Leur développement remonte à la Seconde Guerre mondiale, lorsque la marine américaine est confrontée à une quantité croissante d’informations issues notamment des radars. La nécessité de traiter ces données conduit à la création des premiers centres opérationnels et à l’utilisation des premiers ordinateurs. Ces technologies permettent notamment la vectorisation, c’est-à-dire la capacité à déterminer automatiquement la position, la direction et la vitesse d’une cible. Des systèmes comme le Naval Tactical Data System marquent une étape importante en permettant de représenter les menaces et de partager ces informations entre navires.

La France accuse un retard initial, lié notamment à l’interruption de ses efforts militaires pendant la guerre. À partir des années 1960, elle développe ses propres systèmes, notamment la série SENIT, conçue à partir de matériels américains mais programmée en France. Ces systèmes évoluent progressivement et intègrent des fonctions permettant d’aider à la décision et à la mise en œuvre des armes, modifiant le rôle des opérateurs, qui deviennent davantage des superviseurs.

Le développement des systèmes de combat soulève également des choix techniques et industriels. Certains sont conçus par la Marine elle-même, d’autres par des industriels. Les arbitrages portent notamment sur le niveau d’intégration des fonctions, les coûts, les performances et la capacité à exporter ces systèmes. Aujourd’hui, des systèmes comme le SETIS équipent les frégates françaises.

Ces systèmes fonctionnent selon différents modes, du mode manuel, où l’humain prend les décisions, au mode automatique, où le système agit selon des paramètres définis par l’humain. Ils ne sont cependant pas autonomes : ils appliquent des règles programmées et peuvent commettre des erreurs, ce qui rend le rôle des opérateurs essentiel.

L’augmentation de la masse de données à traiter renforce l’importance des interfaces et de la transmission de l’information. Les systèmes de combat occupent une place centrale dans les structures de commandement et de contrôle et permettent la coordination entre différentes unités, notamment grâce aux réseaux de communication standardisés utilisés entre alliés.

Malgré les évolutions technologiques, la présence humaine reste indispensable. Les systèmes nécessitent des opérateurs pour fonctionner, notamment en cas de défaillance ou de fonctionnement dégradé. L’automatisation transforme le rôle des marins, mais ne supprime pas leur fonction.

Ce travail met ainsi en lumière l’évolution des systèmes de combat et montre que, malgré les progrès technologiques et l’intégration croissante de l’intelligence artificielle, ces systèmes restent des outils au service de la décision humaine.


Chapitrage

00:00:00 — Parcours et origine du sujet
Robin Vanet revient sur sa préparation militaire et sur la manière dont elle l’a conduit à s’intéresser aux systèmes de combat.

00:05:08 — Qu’est-ce qu’un système de combat ?

Il explique qu’il s’agit d’un système d’information situé dans le central opérations, qui permet de comprendre l’environnement du navire et d’aider à la décision.

00:10:12 — Navires de surface et terminologie
Il précise ce que désigne un navire de surface et distingue les différentes composantes du système de combat.

00:13:47 — Problématique du mémoire
Sa recherche interroge la place de l’humain face à l’automatisation croissante des systèmes de combat.

00:16:37 — Origines pendant la Seconde Guerre mondiale
Les systèmes de combat apparaissent pour faire face à l’augmentation massive des données produites par les radars et améliorer leur traitement.

00:32:36 — Le développement français et le système SENIT
La Marine française développe progressivement ses propres systèmes à partir des années 1960 pour analyser et exploiter les informations tactiques.

00:36:45 — Transformation du rôle des opérateurs
L’évolution des systèmes modifie la fonction des marins, qui deviennent davantage des superviseurs.

00:45:38 — Débat entre intégration et fédération
Les choix techniques portent sur le degré de centralisation des fonctions et la résilience des systèmes.

00:51:13 — Industrialisation des systèmes de combat
Le développement des systèmes implique progressivement les industriels comme Naval Group et Thales.

01:03:17 — Fonctionnement et modes d’utilisation
Les systèmes peuvent fonctionner en mode manuel, automatique ou semi-automatique selon les situations.

01:06:02 — Identification des menaces
Les systèmes appliquent des paramètres définis par l’humain pour identifier les menaces, avec un risque d’erreur.

01:13:47 — La décision humaine
Malgré l’automatisation, la décision finale reste prise par l’opérateur.

01:16:35 — Question de la responsabilité
Les erreurs soulèvent des interrogations sur la responsabilité entre humains et systèmes.

01:25:20 — Intelligence artificielle et évolution
L’intelligence artificielle améliore le traitement et l’analyse des informations.

01:31:00 — Commandement et combat en réseau
Les systèmes de combat jouent un rôle central dans les architectures de commandement et les opérations en réseau.

01:34:17 — Limites des innovations
Les évolutions technologiques transforment les métiers sans supprimer le besoin d’opérateurs.

01:40:39 — Communication avec les alliés
Les systèmes doivent être compatibles avec ceux des marines alliées.

01:46:07 — Enjeux industriels
Le développement des systèmes dépend d’arbitrages industriels et stratégiques.

01:47:49 — L’avenir et la place de l’humain
Malgré les progrès techniques, les systèmes restent dépendants de l’intervention humaine.

01:52:13 — Méthodologie de recherche
Il revient sur les difficultés liées à la technicité et au manque de sources.

01:54:41 — Perspectives de recherche

Il évoque les pistes qui pourraient être approfondies à l’avenir.

01:57:25 — Conclusion et conseils


Extrait


Ressources Complémentaires

On ne va pas se mentir, ce n’est pas le sujet le plus facilement abordable alors … bon courage !

  • Boslaugh, David L. When Computers Went to Sea: The Digitization of the United States Navy. [s.l.] : John Wiley & Sons, 2003. 504 p.
  • Friedman, Norman. Network-Centric Warfare: How Navies Learned to Fight Smarter Through Three World Wars. Illustrated edition. Annapolis, Md : Naval Institute Press, 2009. 360 p.
  • Cebrowski USN, Arthur K. « Military responses to the information age », The RUSI Journal. 1 octobre 2000, vol.145 no5. p. 25‑29.
  • L’évolution des systèmes de combat | Mer et Marine. 2011.
  • Tangredi, Sam J. et George Galdorisi(dir.). AI at war: how big data, artificial intelligence, and machine learning are changing naval warfare. Annapolis, Maryland : Naval Institute Press, 2021. 450 p.

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Marjolaine